The Escapists : Les maîtres de l’évasion – Brian K. VAUGHAN

Il y a des livres qui vous plongent dans un état second. Réellement. Des romans qui vous font pousser des “oh” et des “ah” qui ont pour seul public vos chats quand le dimanche vous buvez votre tasse de thé en pilou-pilou, roulée dans un plaid sur votre canapé. Des albums jeunesse qui vous mettent les larmes aux yeux de rire ou de nostalgie. Des bande-dessinées dont les images vous font frémir à en dresser le moindre centimètre de votre épiderme. Dans celle-ci, le découpage vous donne envie d’en photographier la moindre case pour inonder vos réseaux sociaux et supplier l’ensemble de vos followers – 33, dont Maman – de courir en librairie acheter cet ouvrage qui vous met tant en émoi. Vous avez tout d’un coup envie de partir le weekend prochain visiter la ville où se déroule l’action et voir ce fameux tampon dans un parc de Cleveland. Oui Cleveland. Pour le weekend. Mais vous êtes raisonnable. Et uniquement après avoir dévoré les pages de ce petit bijou (et avoir échangé encore quelques oh et ah avec les précédemment cité poilus), vous postez une petite case histoire de partager  avec les copains et vous décidez d’en faire un article.

Enfin quand je dis vous, c’est peut être juste moi…

img_20161017_124131

J’ai donc lu The escapists : Les maîtres de l’évasion paru en 2006 aux Etats Unis et en France début octobre 2016. On retrouve au scénario Brian K. Vaughan. Un auteur qui, en une petite dizaine d’années, est devenu une telle étoile au firmament du comics indépendant en France – sans parler de ses multiples récompenses aux Etats-Unis –  que la maison d’éditions Urban Comics lui consacre ce mois d’octobre en sortant trois titres de sa plume le même jour. Si vous n’avez pas déjà été conquis par le fabuleux Saga, je n’aurais d’autre conseil que de vous lancer dans ce space-opera dont le tome 6 est sur les tables des librairies en ce moment. Si vous préférez vous attaquer à une série finie, rabattez vous sur Y, le dernier homme – les aventures post-apocalyptique du dernier homme vivant sur Terre et de son singe, dans un monde dirigé par les femmes – disponible en 5 chouettes intégrales chez Urban Comics. Mais surtout n’oubliez pas de  commencer vos achats par le récit complet en un tome The Escapists : Les maîtres de l’évasion.

The Escapists nous raconte les origines de la renaissance d’un super-héros. A la mort de son père le jeune Max hérite de la clef de la cave. Il va découvrir sa folle passion pour le super-héros de comics créé sous la Grande dépression : The Escapist. C’est à son tour d’être subjugué par les aventures de ce roi de l’évasion masqué. Des années plus tard, il achète les droits du comics.

Au travers de cet album, assez court, inspiré du roman de Michael Chabon Les Extraordinaire aventures de Kavalier et Clay, l’auteur nous donne toute la richesse d’une bonne saga. Des personnages attachants, de l’action, des rebondissements, de la réflexion, une narration sans faute et des dessinateurs talentueux et tellement ingénieux qu’on en finirait presque par avoir le vertige. L’alternance de style graphique ajoute une richesse grisante. D’une page à une autre, on passe d’un style très moderne et vitaminé à un incroyable et sombre dessin encré rappelant des titres empiriques tel que le Sandman de Neil Gaiman.

Au fil des pages, les références au monde du comics sont nombreuses. Pas étonnant, le roman s’inspirait déjà de la vie de Stan Lee, Jack Kirby ou encore Will Eisner. L’ouvrage est également centré sur la difficulté de l’édition indépendante et du lobby des grandes maisons. Mais les thèmes ne tournent pas uniquement autour du monde du livre et sont aussi diversifiés que le passage à l’âge adulte, la famille, le deuil, la créativité… et l’Amour.

img_20161010_114003

Finalement, au travers de ces pages, ce sont trois jeunes artistes que nous voyons naître. The Escapists se révèle être une véritable ode à la création et particulièrement à la bande dessinée.

Un album à garder dans sa bibliotheque et à lire et à relire
et qui, je l’espère, ne parlera pas uniquement aux passionnés du livre et de l’écriture.

The Escapists, de B. K. Vaughan, E. Barreto, J. S. Alexander, S. Rolston, P. Bond, Urban Comics (2016), 184 pages, 17.50€.

Dorothy Convention
dorothy-convention

Publicités

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s