Scott Pilgrim – Bryan Lee O’MALLEY

Au commencement de cet article, je voulais vous parler d’un roman jeunesse écrit par un scientifique que j’adore mais j’ai changé d’avis. Je vais plutôt vous parler d’un comics qui m’a fait pleurer de rire tout au long des six tomes et que j’aimerais faire lire au monde entier. Je vais vous parler de Scott Pilgrim de l’auteur canadien Bryan Lee O’Malley édité par Milady Graphics en noir et blanc puis en couleurs deux ans plus tard.

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Scott Pilgrim est l’archétype même du loser attendrissant. Il a vingt-trois ans, un groupe de rock pas franchement bon, pas de boulot – ou plutôt, il est « entre deux boulots » depuis bien trop longtemps – et il sort avec une lycéenne chinoise. Pas de quoi fouetter un chat quoi. C’est alors qu’arrive Ramona Flowers, la fille la plus cool de l’Univers. Américaine, livreuse pour Amazon et surtout, qui apparaît très mystérieusement dans ses rêves. Notre Scott va tomber sous son charme instantanément sauf que Ramona possède sept ex-petits-amis maléfiques qui ont bien l’intention de barrer le chemin du bonheur aux deux tourtereaux. Voilà comment commence la série la plus loufoque qui m’ait été donnée de lire cette année.
Ne cherchez pas à garder les pieds sur Terre avec Scott, parce que vous risquez de rester sur le carreau. Partant d’un univers qui ressemble au nôtre, l’auteur intègre des événements qui sortent du cadre de la réalité pour entrer dans celui d’un jeu vidéo. On oscille constamment entre le réel et le jeu, pour le grand bonheur du lecteur qui s’est laissé emporter par la dinguerie de cette histoire. Pourtant les moments de vie quotidienne entre chaque combat, les questionnements de Scott sur tous les aspects de sa vie permettent de ne jamais complètement quitter le monde réel. Les pages se tournent, sans que l’on sache par avance quelle sera la nouvelle étape de la quête d’amour de Scott pour Ramona.
pscottower-of-love1Bryan Lee O’Malley a créé son comics en y assimilant tous les ingrédients qui lui permettaient de rassembler autour de lui une génération entière. Chaque tome est rempli de références, à d’autres comics, à des mangas, à des jeux vidéos et à tout un univers dit de « geek ». Honte sur moi, j’ai plusieurs fois eu du mal à saisir les jeux de mots et autres blagues, n’ayant pas les références qu’il fallait pour cela (merci aux copains plus accro que moi pour les explications). Pourtant, ça ne m’a pas empêché d’en rire à en tomber de mon lit, parce que le comique de situation était déjà excellent en lui-même. Le scepticisme des personnages, qui se rendent compte qu’ils ne sont que des personnages et y font plusieurs fois références, permet aux lecteurs d’accepter que des choses improbables soient possibles dans le monde presque-réel de Scott.
Les personnages sont touchants parce qu’ils nous ressemblent. On peut s’identifier à eux sans difficulté, et c’est ce qui m’est arrivé. J’ai fini le premier tome en voulant me réincarner en Ramona puis j’ai conclu ma lecture des six tomes en me disant que Kim était mon alter-ego (quiconque a lu ce comics et me connait sait exactement pourquoi). C’est l’une des forces de ce comics, permettre à n’importe quel lecteur de pouvoir se reconnaître, plus ou moins franchement, dans un personnage ou un autre. Chacun est humain et possède des qualités et des défauts qui nous parlent comme Scott qui est un idiot, un loser complet tout en étant touchant ou Ramona, qui malgré son côté très froid, possède un côté très fragile.
La Ligue des Ex-Petits-Amis Maléfiques offre des rebondissements à gogo à l’histoire. Aucun ne ressemble à l’autre – et ils ne sont pas tous de sexe masculin – et les ennuis de Scott ne font qu’augmenter avec le temps. Comme dans un jeu vidéo, les ex sont de plus en plus coriaces et difficiles à battre, jusqu’au « boss final », le mystérieux Gideon créateur de la Ligue. A chaque fois qu’il en bat un, Scott gagne quelque chose, une vie supplémentaire, des pièces ou une arme et comme dans un vrai jeu vidéo, battre le « boss final » lui permettra de gagner la récompense ultime : le coeur de la fille, Ramona dans ce cas-là.
Il existe deux versions, la première en noir et blanc (indisponible), que j’ai lu, et une en couleur (disponible). Pour avoir eu les deux sous les yeux, le noir et blanc a ma préférence, pour une simple raison de goûts personnels. Le format et le style se rapproche beaucoup des mangas, auxquels l’auteur fait de multiples références. La couleur offre pourtant des avantages, comme de pouvoir suivre au fil des tomes les évolutions de coloration capillaire de Ramona qui sont toutes très extravagantes. Et le format dans ce cas se rapproche plus du comics traditionnel. En tout cas, actuellement, seule cette dernière version existe en librairie alors le choix est vite limité mais si vous tombez sur des vieux tomes en noir et blanc, n’hésitez pas trop.
rawScott est devenu tellement culte qu’il a été adapté en film en 2010, sous le titre Scott Pilgrim vs. the World avec Michael Cera dans le rôle titre. C’est moins impressionnant que le comics, on est d’accord, mais le réalisateur a réussi à faire rentrer dans 120 minutes de film tout le loufoque et toutes les étapes de l’histoire de Scott, un exploit. Le problème, à mes yeux, est que tous les aspects « normaux » du monde de Scott sont mis de côté pour ne se concentrer que sur les combats de Scott, enlevant cette partie qui est hyper importante dans le comics. Nul doute que le film est quand même à visionner au moins une fois, après lecture, parce qu’il est drôle, que les acteurs sont parfaits dans leurs rôles et qu’il donne envie de relire Scott encore et encore et encore.
Ce très très long texte pour vous faire découvrir les aventures de Scott Pilgrim parce qu’elles valent ces quelques heures de lecture. Parce que ce loser vous touchera et vous donnera envie de suivre la suite de ses aventures. Parce que l’une des grandes morales de Scott, à mon sens, est que même un loser attendrissant a le droit à sa part d’amour. Si Scott peut chopper, alors tout le monde peut chopper (même si je connais quelqu’un qui n’aime pas cette morale du tout du tout). Parce qu’il y a plein d’autres morales et de bonnes choses à tirer de ce comics, même si celle citée précédemment est ma favorite.

Découvrez Scott Pilgrim et ses amis, laissez vous emporter dans la loufoquerie de cette histoire et revenez me dire ce que vous en avez pensé !

Scott Pilgrim (six tomes) de Bryan Lee O’Malley, Milady Graphics, 2014, 19,90€ l’unité.

Géraldine.

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