Jewish Gangsta – Karim Madani

couv-web-jewish-gangstaAprès l’envers du décor japonais et ses yakuzas, les éditions Marchialy nous propose une descente dans le New York des années fin 80 début 90. Cette fois-ci c’est un journaliste parisien, Karim Madani, spécialisé dans les cultures urbaines et la musique afro-américaine qui nous fait part de quatre parcours de vie aussi incroyables que banales dans ces quartiers HLM. Dans un  Brooklyn incontrôlable, où seule règne la loi des gangs, de jeunes juifs déclassés essaient de trouver leurs places. Nous suivons les deux frères Ill Bill et Nécro, amateurs autant de Rap que de Black Métal et rares blancs respectés dans leur quartier, qui seront à l’origine du mouvement Goon. Nous retrouvons également Ethan Horowitz, talentueux voleur de bagnoles et pilote hors pair qui subira un retour de boomerang sévère. Et enfin, nous côtoyons J.J. chef de gang exclusivement féminin qui marchera sur les plates-bandes des clans les plus redoutés du Queens. Ces quatre destins sont représentatifs de l’enfer dans lequel grandissent et vivent tous ces gosses déclassés, laissés à l’abandon aux portes de la City.

Les règles de la rue sont dures, implacables et laissent des traces indélébiles.

Sur fond de musique underground, de violence sous crack, et de Broken English (l’argot de Brooklyn) l’auteur nous livre des histoires puissantes et haletantes qui nous feraient presque oublier que tout cela est vrai… Quand le réel dépasse la fiction on se prend un sacré uppercut.

L’auteur n’est pas là pour porter un jugement de valeur sur la vie de ces jeunes, tout comme il ne fait pas l’apologie du crime. Il nous permet surtout de nous poser une question fondamentale: comment peut-on juger ceux qui viennent de quartiers dont nous n’avons pas idée de la violence subite au jour le jour, sans pour autant faire fi des crimes commis par chacun ?

Au final, on réalise surtout que les premières victimes de ces gangs sont les membres eux-mêmes, que le monde de la drogue est rarement une solution au long cours, et que pour un gangster qui s’en sort combien finissent en prison ou morts ?

Avant de conclure, notons le superbe travail de maquette et de fabrication du livre qui participe à l’ancrage du lecteur dans ces univers aussi extrêmes que quotidiens.

Alors si vous n’êtes pas réfractaire au langage de rue, et que vous êtes prêt à découvrir un univers bien plus impitoyable que Dallas avec des gangsters camés à la place de magnats du pétrole, foncez !

Jewish Gangsta de Karim Madani, éditions Marchialy, 181 pages, 18€.

Tatiana, petit chat libraire

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