Steak machine ou la machination du steak

Un journaliste, Geoffrey Le Guilcher, décide de se faire passer pour quelqu’un d’autre et s’infiltre dans un abattoir breton dont il taira le nom. Tout y passe : on y parle évidemment du traitement des animaux, mais également de celui des employés. Travail à la chaîne, dureté du geste, douleurs, séquelles qu’ils gardent parfois à vie… Ces épreuves multiplient les départs et les employés à long terme sont difficiles à trouver, ce qui ne rend pas plus souple les supérieurs. Il faut maintenir la cadence à tout prix ! Certains ferment les yeux, d’autres en viennent à se droguer pour oublier et faire passer la douleur. Une seule chose : on est bien rémunéré. Notre auteur va en être témoin et le subir. Il nous le raconte sans détour !

Ce livre n’est pas sans me rappeler En Amazonie de Jean baptiste Malet, qui nous raconte son travail au sein du grand groupe Amazon. Qui d’ailleurs est devenu le livre de chevet de beaucoup de libraires.

Mais je vais d’abord vous dire pourquoi j’ai acheté ce livre : le lendemain de sa sortie en magasin, il a été retiré de tous les supermarchés et centres culturels Leclerc, sans raison officielle. On se doute bien de la raison ! Personnellement, j’appelle cela de censure et c’est interdit en France depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui proclame la liberté d’expression et de pensée. Voilà pourquoi j’ai acheté ce livre. Et puis il faut dire que ça pousse à la curiosité, non ?

Cet essai ne m’a pas dégoûté de la viande comme on aurait pu le penser, d’ailleurs je ne pense pas que ça soit le but de Geoffrey le Guilcher. C’est un témoignage, il est là pour la conscience collective. Et ça marche ! Il nous éclaire sur ce qui se passe, derrière la viande qu’on trouve déjà découpée et sous plastique en magasin.  L’auteur nous glisse d’ailleurs quelques dates et éléments-clés, sans qu’on en soit aspergés, sur l’évolution des abattoirs industriels, ce qui devrait être respecté. Mais également sur des sujets plus difficile comme le pourcentage de bêtes qui sont encore conscientes, ou encore sur les conditions de travail.

Les abattoirs ont construit de grands murs pour se cacher ou du moins cacher ce qui se passe à l’intérieur aux yeux du monde. Il en parle d’ailleurs assez bien dans son ouvrage. C’est pire qu’une prison pour y accéder.

Moins les gens en savent, plus ils achètent de la viande, et quelque part ça arrange tout le monde !

Il est difficile d’ouvrir les yeux. Parfois je lisais Steak Machine comme un roman, mais ensuite la réalité venait me sauter au visage, et elle est parfois dure à digérer. Elle m’a forcé, c’est vrai, à faire plus attention, mais finalement ce n’est pas si difficile. Alors je vous conseille vivement de vous informer et de lire cet ouvrage.

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Steak Machine de Geoffrey Le Guilcher, Goutte d’or Eds (2017), 12€.

 *Source: http://www.ouest-france.fr/

Grenouillire, libraire des champs.

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