L’homme qui mit fin à l’histoire de Ken Liu

56950Le professeur Akemi Kirino découvre des particules quantiques, appelés Bohm-Kirino, qui sauvegarderaient le souvenir d’un instant. Avec son mari, le professeur Evan Wei, elle met au point une machine qui permettrait à des personnes de percevoir le passé dans un lieu et un moment donnés grâce à ces fameuses particules.

Cependant, le lieu de leur première expérimentation n’est pas anodin. Harbin, en Mandchourie dans les années 30, l’unité 731 de l’armée impériale japonaise y installe une base d’expérimentations. Des milliers de chinois et alliés y seront torturés afin de développer des armes bactériologiques et autres « progrès scientifiques ». Tel un « Auschwitz d’Asie » cette partie de l’histoire est pourtant très méconnue du monde occidental et tabou dans le propre pays où elle s’est déroulée. Mais pourquoi ?

Derrière la science-fiction se dévoile une véritable réflexion sur qu’est-ce que l’histoire ? Est-ce qu’il existe une Histoire universelle et objective? A quoi sert et surtout à QUI sert l’Histoire?

On comprend très bien que l’intérêt géopolitique de minimiser, voir de camoufler, cette partie de la guerre est centrale. Nous comprenons également que notre perception des événements est liée aux canaux d’informations disponibles et à ce que l’on veut bien nous montrer et nous expliquer. Ici l’on aborde plusieurs aspects de l’Histoire. Elle est d’abord personnelle : le lieu choisit par les professeurs Evan Wei et Akemi Kirino est directement lié à leurs familles et leurs passés. Elle est également collective : l’histoire de toute une population touchée par les horreurs de la guerre. C’est aussi des faits, indéniables, preuve à l’appuie que tout cela a réellement existé. Enfin, c’est également un puissant outil diplomatique avec lequel on fait des arrangements sous prétexte d’obtenir la paix. Cette paix obtenue par le silence et l’oubli.

Ce roman (essai) est d’une grande puissance, qui ne nous laisse pas indifférent face à cette réflexion. Comme pour beaucoup de grand roman de SF, à travers des technologies et un futur encore inexistant, il offre un vrai questionnement sur nos sociétés actuelles.

L’homme qui mit fin à l’histoire : un documentaire de Ken LiuBélial (2016), 106 pages, 8.90€

Tatiana, petit chat libraire.

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2 commentaires

  1. Vous avez réussi à me donner l’envie pour ce texte qui ne semble pourtant absolument pas correspondre à mes goûts littéraires. Mais ma curiosité est piquée, c’est foutu ! Merci 🙂

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