Un an de la Ménagerie Du Livre : Laissez nous vous raconter de belles histoires.

Il y a plus d’un an maintenant, sur un pont de bois parisien bien connu, un chat, une chouette, un dodo et un lapin trinquaient à leurs nouvelles vies. C’était un quatorze juillet. Et peu de temps auparavant, une nouvelle fournée de libraires venaient d’être diplômée. C’est cela que notre petit comité célébrait.

Comme chacun le sait, la vie est faite de projets ! Et nos quatre bestioles étaient loin d’être en reste. Pour sur, des idées, elles en avaient. Comment, alors que chacune allaient reprendre son envol, pouvaient-elles continuer jour après jour à partager cette passion du papier et des lettres ? La Ménagerie était entrain de naître.

Le dodo, animal mystérieux, se cache encore au fond des bois. Mais le lapin, la chouette et le chat ont battu la campagne pour réunir autour d’elles leurs précieux compagnons de culture. A chacun de trouver sa mascotte, à tous de trouver son rythme et de se présenter. Le 19 septembre 2016, émergeant de la jungle littéraire, la Ménagerie ouvrait ses portes.

Une petite centaine d’articles plus tard, nous sommes sept libraires animaliers à vous raconter chaque lundi, et suivant l’envie le vendredi, sans prétention et avec attention, les belles histoires que nous avons envie de partager. Parce que c’est cela, une des plus belle partie de notre métier de libraires : raconter des histoires.

Alors pour fêter cette première année de passée en votre compagnie, certains d’entre nous ont bien voulu vous confier un petit morceau de ce que représente notre métier et la vie en librairie.

***

L’histoire du petit chat libraire, Tatiana : 

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Comme tous mes amis animaliers, j’ai plein d’anecdotes autour de la librairie. Quand on rencontre des dizaines de personnes différentes, tous les jours, forcément il nous arrive toujours quelque chose ! Des remerciements, des histoires drôles, de belles rencontres, des gens un peu moins sympathiques…. Bref l’humanité dans toute sa diversité !

Mais au final toutes ces histoires n’en remplacent pas une ! Celle qui a fait que je suis ici-même, entrain de vous écrire.

Cette histoire c’est celle de ma rencontre avec la responsable de la première librairie dans laquelle j’ai travaillé. Comme vous l’avez peut-être compris dans ma description, la librairie, et les livres en général, c’étaient loin d’être une évidence ou une vocation pour moi. A la fin d’études qui m’ont plu sur certains aspects mais qui ne m’offraient pas d’avenir, je me suis mise à chercher un petit boulot d’été avant de démarrer une année sabbatique de réflexion. Lors de cette recherche, et par l’intermédiaire d’une personne qui m’était chère à l’époque, je décroche un temps partiel de trois semaines dans une librairie marseillaise. Trois semaines seule avec la responsable afin de l’aider dans les taches quotidiennes.

Ce fut une révélation. Pendant trois semaines je n’ai pas fait que tenir la caisse. Cette personne m’a montrée les bases de la librairie, sa complexité, sa diversité, ses particularités.  J’ai découvert également une clientèle différente de ce que j’avais pu expérimenter au supermarché de ma ville… Des gens à l’écoute, attentifs aux conseils, heureux de pouvoir discuter de leur passion et de se retrouver dans un endroit comme celui-ci. Contre toute attente, et surtout la mienne, je me suis trouvée à l’aise au milieu de tous ces livres dont j’en connaissais presque aucun, à l’aise et apaisée au milieu de tout ce papier que j’avais largement abandonné depuis des années. Et tout ça, je pense que c’est grâce à quelque chose d’essentielle qui a émané directement de cette personne : elle m’a fait confiance et m’a donné confiance ! En trois semaines, une nouvelle porte s’était entrouverte. Et il ne me restait plus qu’à l’ouvrir et rentrer complètement dans ce nouveau monde !

La suite ? Je suis restée pendant cette année sabbatique à travailler en temps partiel là-bas. Puis j’ai décidé d’y rester mais en tant qu’apprentie pendant les deux années suivantes. J’ai énormément appris, quasiment tout en fait, et cela m’a donné des ailes afin d’aller vers de nouvelles contrées, et de nouvelles aventures.

Je voudrais donc remercier cette personne encore et encore pour tout ce qu’elle m’a apporté. Merci.

Chez les grenouilles aussi, on connait la crise d’adolescence :

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Les livres sont d’infinies passerelles et la clé de l’imaginaire. Ils peuvent nous apporter, émotions, connaissances, et soutien. Pendant mes années d’adolescente rebelle et incomprise, j’ai trouvé refuge dans tous ces voyages que nous offre la lecture. Je voulais pouvoir rendre la pareil et aider à mon tour,  voila pourquoi j’ai choisi d’être libraire.
J’emprunte une citation de Cornelia Funke, parce qu’elle résume entièrement ce ressentie: « Les livres aimaient quiconque les ouvrait, ils donnaient un sentiment d’intimité et d’amitié sans rien attendre en échange, ils ne vous quittaient jamais, même si on les traitait mal. »

Les girafes ont souvent mal au cou :

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La vie n’est jamais toujours rose, mais chaque être peut l’embellir avec un pot de peinture, des mots ou des sourires.

C’est ce qui qualifie bien le pourquoi du comment je me suis retrouvée à conseiller des livres. NON! C’est plutôt un remerciement à toutes ces personnes qui ont écrit ces livres.

Je m’explique. Pas de bon parents, trop mature pour les enfants de mon âge. A l’école, je bricolais sous mon casier. Dessin, sculpture… Je me faisais remarquer par mon manque d’attention !

Je passais mon temps à la bibliothèque de l’école puisque je n’intéressais pas les petites filles… Et oui je n’aimais ni les poupées, ni le rose ! Mais j’avais déjà un goût inconditionné pour les blagues qui ne faisait rire que moi.

Certes ce n’était que des ouvrages pour bambins : « J’aime lire », « Chair de poule », « le romans dont vous êtes le héro »… Avec le temps, je me suis retrouvée entre les étagères à trouver des réponses aux questions qui me trottaient dans la tête. Je commençais à comprendre que les livres étaient de parfaits amis, patients et qu’ils pouvaient aider à comprendre le monde. L’avantage du livre, c’est que si tu ne comprends pas la réponse, tu peux relire l’explication autant de fois que cela t’enchante. Ainsi à 11 ans, je lisais des ouvrages qui mettaient en péril des personnages, des individus fous et mystérieux. Ma lubie d’étudier le comportement des êtres humains était née… Mais pas que!

Certaines personnes renfermées finissent par se créer des histoires. C’était mon cas à l’adolescence!  J’écrivais des scénarios et je les illustrais sous forme de BD. Je souhaitais devenir plus qu’une lectrice. Je souhaitais mener la barque aussi.

Et puis cette passion est devenue mon jardin secret. Le temps passe…. On s’oublie souvent. Les courageux acceptent toujours les défis.

A 23 ans, j’ai compris que la restauration n’était pas faite pour moi. J’ai postulé à la librairie de ma ville. On a passé un accord. Etude à l’INFL = Devenir meilleure et une possibilité d’embauche.

A 25 ans, j’étais diplômée. J’avais rencontré des personnalités comme moi. De magnifiques personnes toutes renfermées deux ans auparavant. Aujourd’hui elles sont devenues de magnifiques fleurs, qui scintillent et apportent joie et bonheur autour d’elle.

Aujourd’hui, je voudrais remercier tous les livres, toutes les personnes qui les ont écrits, dessinés et comptés. Sans vous je ne serais pas ce que je suis actuellement. Sans votre flamme de passionné je ne raconterais pas les histoires avec autant d’enthousiasme!

Aujourd’hui j’espère passer le flambeau à la prochaine génération! (J’espère devenir aussi savante que mes deux collègues réunis ahah).

C’est beau une perruche qui s’envole : 

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L’odeur des livres, les après-midi à la bibliothèque, les heures de permanence passées au CDI du collège… Je me demande si je ne suis pas née avec un livre dans les mains.

Le métier de libraire a toujours été un souhait très cher à mon petit cœur entouré de plumes. Présents dans ma vie de tous les jours depuis mon éclosion, ils ont bercé mon enfance et ont toujours eu une place de choix dans mes loisirs et ce bien avant que j’apprenne à voler.

Après un parcours scolaire atypique, toute mes expériences professionnelles se sont définitivement tournées vers cette profession. De stage en stage, j’ai appris les rudiments du métier bien avant mon entrée dans cette école. Mais têtue et obstinée que je suis, j’ai voulu avoir ce satané diplôme qui me tenais tant à cœur. Malheureusement ce n’était jamais le bon moment …

« Passe ton bac d’abord ! » m’a t’on dit. Puis, une fois mon bac commerce en poche et venu le moment du « un Bac+2 serait de bonne augure vil piaf », donc me voilà repartie pour deux années de BTS Négociation Relation Clients également réussi.

J’ai enfin pu me tourner vers ma passion en 2014, lors de mon entrée à l’INFL et décrocher mon diplôme de libraire que je ne cesse d’admirer dans mon petit nid douillet. De très belles rencontres en ont découlé, de nombreux rires, quelques larmes vite effacées, du savoir, du stress (parce qu’il en faut sinon c’est pas drôle hein!), mais aussi et surtout une belle bande de copains et de copines avec lesquelles j’ai passé des moments inoubliables et que j’ai hâte de retrouver.

Aujourd’hui je suis épanouie dans mon travail. Quel bonheur d’effectuer un métier passion. Je sais que je ne connaîtrais jamais la fameuse phrase du matin disant : « j’ai pas envie d’aller bosser !! ». Je vous souhaite à tous de vivre ça dans votre vie.

Le lapin qui aimait regarder dessiner les auteurs :

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Il ne suffit pas de savoir compter pour être commerçant. Il ne suffit pas d’aimer lire pour être libraire. Il faut aimer les gens. Il faut aimer les accueillir, il faut aimer leur parler. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’Irma ou José fassent le bal dehors ou dans vos tête, il faut savoir être présent. Et des rencontres nous en faisons !

Il y a bien évidemment les clients ! Ceux qui ont besoin d’être conseillé mais aussi, certaines fois, juste de parler. Chacun est précieux et ils mériteraient qu’on leur consacre un article bien à eux.
Il y a les livreurs. Avec eux tout va vite ! Un ! Cinq ! Vingts cartons ! Je vous les pose là ! Attention c’est lourd ! Une signature ? Merci bien, c’est tout, à demain !
Il y a les collègues. Ceux avec qui on passe plus de temps qu’avec notre famille et qui, des fois, quand on est chanceux, le deviennent un peu.
Il y a les représentants avec qui les rendez-vous sont pris avec régularité. Celui-ci passe en coup de vent pour deux titres coquins, celle là vient avec les croissants pour bien débuter la semaine. Et à lui ? On va lui faire un bon café parce que nous en avons pour la journée. Ça rigole et ça bagarre les quantités. Il raconte et il vend. On sait quand il lit ou pas. Quand il est investi ou non. C’est mieux quand ça se passe avec le sourire mais tout ceci est très sérieux. 
Et puis il y a les auteurs. Ah les auteurs… Si je devais trouver une unique raison de m’être lancée dans la grande aventure de la librairie, ce sont eux. Je ne savais rien du commerce. Je ne savais rien de la vie d’un libraire. Des douleurs dans le dos au comptage de la caisse, des prises de commande à la folie de Noël, je ne savais absolument rien. Ce que je savais, c’était le plaisir de lire un livre et d’en rencontrer l’auteur. J’étais dans la position du fan, je voulais devenir apôtre. Je voulais partager ça avec toute une communauté bienveillante, centrée autour des livres, de leurs histoires et de ceux qui les écrivent.

J’ai mis un peu de temps à me sentir légitime dans le milieu. J’avais l’impression d’être passée De l’autre côté du miroir et de ne pas véritablement en faire partie. Que voulez vous, pour les lapins, peu de choses vont assez vite. Alors j’ai pris le temps de me nourrir de toutes ces belles rencontres. Les libraires de demain, les gens du métier d’aujourd’hui et les auteurs de toujours. J’ai fini par me sentir libraire.

En quatre ans, j’aurais mille souvenirs à vous raconter sur ces rencontres en librairie avec les auteurs et leurs publics. Celui qui en quelques heures avait dessiné pour plus d’une cinquantaine de petites filles intimidées. Celle qui avait déplacé une foule pour sa toute première dédicace et dont un membre de sa famille m’avait glissé à l’oreille combien il était admiratif de toute sa belle énergie. Celui qui s’était retrouvé poursuivi de ville en ville par une femme quelque peu aérienne après un concours sur les réseaux sociaux. Celle qui venait de loin. Celui qui avait dédicacé pendant 7h ! Celui qui nous avait appelé des Etats Unis après les attentats…  Ou encore celui qui m’avait confié ses originaux pour une exposition bien farfelues.

Autant de moments uniques. Il fallait bien en choisir un.

Je me souviens de ce tout jeune auteur venu dédicacer son troisième ou quatrième albums. A la librairie, nous avions adoré ses précédents. Un auteur aussi brillant au dessin qu’au scénario qui avait en plus l’audace d’être aussi sympathique que charmant. Il ne restait que quelques personnes dans la librairie plutôt calme. De mon poste, derrière lui, je surplombais sa table et j’avais tout le loisir de le regarder dessiner. Un de mes plus précieux plaisir de libraire (on ne chasse pas le fan de sa personnalité si facilement…). Le calme n’a pas tardé à être troublé : le comité du Festival d’Angoulême avait annoncé les nominés pour chacun des prix. Toute l’équipe est venue se serrer autour de moi et nous avons lu à haute voix les œuvres et les auteurs concernés. Quand tout en bas, voilà le nom de notre auteur écrit en toutes lettres ! Nous l’applaudissons avec les clients et sortons de quoi fêter la nouvelle. Il se retourne et nous dit : “Je le savais mais quand même… mon nom était tellement bas dans la liste que je me suis demandé s’ils n’avaient pas changé d’avis.”  
Il n’a pas eu de prix cette année là. Mais votre lapin, lui, y avait gagné un beau moment et une douce histoire…  

L’histoire de Racoon Pam-Pam :

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Les livres, je les ai toujours aimés, ils sont des amis toujours présents. Mais je n’avais jamais envisagé d’en faire mon métier, pour moi c’était un plaisir.

J’ai envisagé plusieurs métiers : médecin, archéologue, prof d’histoire, auxiliaire de puériculture ou encore assistante sociale. Aucun de ces métiers ne me convenaient.
Quand j’ai arrêté mes étude d’assistante sociale, j’ai décidé de réfléchir sérieusement à ce que je voulais faire vraiment, et là c’est arrivé comme une illumination : je voulais travailler dans les livres.
Après en avoir discuté avec une amie, l’idée de devenir libraire est devenue une évidence.

2014, me voilà à l’INFL, enfin. C’est la première fois que je faisais des études qui me plaisait vraiment. J’y ai rencontré des personnes géniales.
3 ans après, je fais le métier dont j’ai envie. Tous les jours, je découvre de nouvelles choses, je rencontre de nouvelles personnes.

Et comme le dit Malicia notre perruche des îles, je fais un métier de passion. Je pars travailler avec plaisir et non par obligation.

Un conseil, faîtes un métier qui vous plaît.

Comment une petite chouette s’est rendue compte que le monde n’était pas si terrifiant que ce qu’elle imaginait :

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Les livres m’ont sauvés la vie. J’étais une petite chouette fragile, mal dans ses baskets, nullement à l’aise avec les autres. Je passais plus de temps caché dans un coin du collège à lire qu’à me promener dans la cour avec mes ami.e.s. En même temps, facile d’être seule quand t’as pas d’ami.e.s. Alors, pour oublier que l’obscurité autour de moi me terrifiait, pour oublier ces matins où je ne voulais pas sortir de mon nid, ces soirs où je me couchais en ne voulant ne pas avoir à me réveiller le lendemain matin, pour oublier tout ça, je me suis plongée dans les livres.

En ouvrant un livre, je savais que je n’aurais pas à affronter l’extérieur pendant toute la durée de ma lecture alors je les dévorais à une vitesse folle. J’ai écumé les rayons de ma bibliothèque municipale pendant des années, sans relâche, fouillant pour trouver de nouvelles histoires à découvrir. Quand je frôlais les bords de ce précipice sans fond appelé l’état dépressif, je me suis raccroché à un petit bonhomme à lunettes rencontré dans un livre quand j’avais 9 ans.

J’ai fait libraire parce que c’était ma façon a moi de remercier je ne sais pas vraiment qui. La lecture de m’avoir ouvert la porte de mondes magnifiques ? Les livres de m’avoir sauvé à leur façon ? J’ai fait libraire parce que je sais le pouvoir des mots, je sais ce qu’on peut ressentir quand la seule chose qui nous raccroche au monde, c’est de lire sans relâche. J’ai eu envie de parler de livres, des livres qui m’ont plu, en découvrir de nouveaux.

Aujourd’hui, le ciel s’est éclairci mais certains jours sont plus ardus que les autres mais faire ce métier m’a aidé. J’ai rencontré des gens formidable au cours de mon expérience en librairie, une patronne d’apprentissage qui a cru en moi, des copains qui me soutiennent. Je ne les remercieraient jamais assez de me supporter, d’accepter mes sautes d’humeur, mes crises d’angoisse, ma colère que je ne sais pas gérer, mes larmes faciles et toutes ces particularités qui font mon caractère pas facile.

N’oubliez pas qu’après l’orage arrive toujours le beau temps.

***

Nous espérons que vous aurez pris du plaisir à lire ces anecdotes, ces souvenirs et ces moments de partage.

Peut être parmi nos lecteurs y a t’il des étudiants qui, une semaine par mois, tachent la moquette des salles de vitrine de l’INFL entre 12h et 14h. Peut être y a t’il d’aspirants libraires qui, comme notre petite perruche, ont suivi la maxime « Passe ton BAC d’abord. » A tous cela nous souhaitons bon courage et une bonne route, notre métier est merveilleux. 

Aux lecteurs, petits ou grands, jeunes et moins jeunes, dévoreurs de saga ou picoreurs de nouvelles, grands connaisseurs de la loi Lang ou handicapés de la fréquentation des librairies de France et de Navarre, nous vous souhaitons à tous une belle année de lecture en notre compagnie.

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